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Réforme de l’État : CAP 2022 une grande menace pour la culture

« Comité Action Publique 2022 » (CAP 2022)1 est un Comité chargé de repenser les missions de l'État et d'accompagner la réduction des dépenses publiques.

Les hauts fonctionnaires, élus et chefs d'entreprises qui le composent remettront un rapport d'ici à la fin mars 2018 pour une adoption du plan de transformation de chacun des ministères en Conseil des Ministres à l'été 2018. Chaque ministre a donc été sollicité pour réfléchir au «périmètre souhaitable des politiques publiques » dont il a la charge.

Dépeçage ! Le ministère de la culture n'épargne aucun secteur pour participer aux objectifs du CAP 2022. Le 3 novembre 2017, la rue de Valois a rendu sa copie titrée « Ministère de la culture -Contribution ministérielle aux travaux de CAP 2022 ». Il n'était pas prévu que la rédaction du Monde y ait accès, ni que le document atterrisse dans l'espace public. En trente et une pages, il expose les « Cinq axes d'évolution » du projet de réforme, avec, en ligne de mire, la politique culturelle et le soutien à l'audiovisuel public : « recentrer l'administration centrale » sur quelques missions « déconcentrer ; externaliser » (suppression 334 postes) ; « revoir la cartographie, le pilotage et l'organisation des musées nationaux » (développement de leurs ressources propres, agents de droit public transformés en agents de droit privé, etc.) ; « Créer un guichet unique [pour le spectacle vivant], concentrer et simplifier les aides et élargir les publics » ; recentrage des archives sur les « archives essentielles » ; « rapprocher les sociétés » dans l'audiovisuel public (Arte/France2, France 3/France Bleu…), arrêter France Ô, basculer en numérique France 4 et le Mouv' (suppression de 516 postes, en plus des 180 suppressions d'emplois d'ores et déjà annoncées à France Télévision), etc.

Risque social ! Au fil des pages, la contribution ministérielle anticipe un « risque social », « important » à « considérable », en raison d'une « sensibilité sociale forte ». La condition de la réussite de la réforme est posée : une « annonce rapide de la stratégie de transformation ». Ça démarre mal ! La colère gronde déjà dans le spectacle vivant, notamment sur la volonté de « faire évoluer le modèle économique et social des établissements ». A la Comédie Française et l'Opéra de Paris, il est envisagé de « réviser » le régime de retraite, de rendre les aides à la création plus « sélectives » et d'« adapter l'offre de spectacles aux attentes du public et des collectivités ». Des annonces qui ne passent pas. Selon la CGT Spectacle « Si ces projets étaient mis en œuvre, ils auraient des conséquences désastreuses pour la diversité et la démocratie culturelle et pour tous les salariés du secteur ». Pour le Syndeac syndicat des entreprises artistiques et culturelles) : « les diagnostics et les propositions […] sont dictés […] par un ministère du budget prompt à oublier que les politiques publiques sont fondées sur l'intérêt général ». Il demande que soit impliqué « l'ensemble des partenaires et des acteurs de terrain à un processus de réforme qui refonde le pacte républicain au lieu de le rompre ».


    • Position G.s
 

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