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La biodiversité en danger, l'Europe peut agir

En France, 38 % des chauves-souris ont disparu en 10 ans et 33 % d'oiseaux des champs en 15 ans. Les tendances sont tout aussi inquiétantes pour les amphibiens, les insectes ou les poissons. Pour une protection efficace de la biodiversité, il nous paraît essentiel de lutter contre les principales menaces identifiées par les scientifiques : disparition et fragmentation des habitats, agriculture intensive et étalement urbain. L'enjeu des années à venir est de faire de la biodiversité un enjeu aussi important que celui du climat. Elle est en effet la grande oubliée de notre siècle alors que les menaces qui pèsent sur elle concernent aussi l'humanité. 

Au quotidien, les député.e.s européen.ne.s de Générations se battent contre les fléaux qui, ici ou ailleurs, détruisent les écosystèmes : déchets plastiques, déforestation ou encore surpêche. Notre mouvement souhaite intégrer l'écologie comme un enjeu transversal qui soit pris en compte dans l'ensemble des décisions. Les ambitions européennes en matière de biodiversité doivent être revues à la hausse car il s'agit, au même titre que le changement climatique, d'un sujet capital. Au-delà des nombreux services qu'elle nous apporte, nous considérons qu'elle mérite d'être préservée pour sa valeur intrinsèque. Nous sommes convaincus que l'Europe est une échelle d'action pertinente pour agir car la biodiversité ne connaît pas de frontières.

La France, terre de biodiversité 

Notre pays abrite 180 000 espèces dont près de la moitié dans les Outre-mer, soit plus de 10% des espèces décrites dans le monde et on en découvre 20 nouvelles chaque mois. La France est le 6e pays hébergeant le plus grand nombre connu d'espèces menacées selon la Liste rouge de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Dans les Outre-mer, des projets d'exploitation des ressources menacent à la fois la biodiversité terrestre, par exemple avec la mine de la Montagne d'or et la biodiversité marine, notamment avec des projets de forages pétroliers offshore. Certaines espèces envahissantes, telles que les Sargasses, causent aussi des dommages qui affectent aussi bien les populations humaines que la faune et la flore.

 

Protéger des sols

Pour agir concrètement contre l'artificialisation des sols et la dégradation des milieux naturels, nous remettrons sur la table le projet de Directive européenne sur la protection des sols qui n'a jamais été mise en œuvre malgré son adoption par les députés européens il y a 12 ans. Elle a pour objectif d'éviter la raréfaction des espaces naturels et agricoles (chaque année en France, plus de 65 000 hectares disparaissent, soit plus de 6 fois la surface de Paris). Ce sera aussi un outil de lutte contre l'urbanisation incontrôlée qui menace aussi bien les écosystèmes que les activités humaines en nous rendant plus vulnérables aux événements météorologiques extrêmes. C'est pourquoi, les projets d'aménagement démesurés tels que des centres commerciaux géants ou des infrastructures de transports qui nous lieraient pour des décennies encore aux énergies fossiles doivent être remis en question. En parallèle, le maintien des continuités écologiques permettra de préserver la faune en favorisant le déplacement des animaux qui seront ainsi plus résilients face au changement climatique.

 

S'engager pour une agriculture durable

Suite à l'échec des plans Ecophytos, nous voulons des objectifs contraignants de baisse de la consommation des pesticides à l'échelle européenne parce que nous connaissons leurs impacts dévastateurs pour la vie sauvage et les dangers qu'ils représentent pour la santé humaine. Pour ce faire, nous souhaitons accompagner les agriculteurs en les incitant à favoriser des méthodes de production favorables à l'environnement telles que l'agriculture biologique, la conservation des haies ou la rotation des cultures. Le maintien de prairies fleuries et de zones en jachères, favorables à la diversité botanique et refuge pour la petite faune, doit aussi être encouragé. Cela nécessite une transformation de la Politique Agricole Commune qui doit devenir un outil encourageant la transition d'un modèle productiviste vers une agriculture durable.

 Préserver les zones humides et les océans

Les rares zones humides qui subsistent sur nos territoires après des décennies de remblaiement et d'assèchement doivent à tout prix être préservées. De nombreuses espèces sont associées à ces milieux qui ont des fonctions écologiques essentielles et jouent notamment un rôle dans l'épuration ou la rétention des eaux et l'atténuation des inondations. Nous souhaitons porter une voix forte contre les méthodes de pêche industrielle non sélectives comme le chalutage en eaux profondes ou la pêche électrique.

 La science au chevet de la nature

Il faut soutenir la recherche publique sur la biodiversité pour affiner nos connaissances et ainsi permettre une meilleure préservation des espèces et de leurs habitats. Grâce à des études qui différencient les actions de conservation qui portent leur fruit et celles qui n'ont pas fait leurs preuves, les financements peuvent être priorisés. C'est pourquoi, il faut favoriser la collaboration entre la communauté scientifique et les gestionnaires d'espaces naturels. Nous croyons que les sciences participatives sont un moyen efficace de mobiliser les citoyens pour découvrir et faire connaître la biodiversité qui les entoure, et ainsi inciter à sa protection. Pour ce faire, l'éducation à l'environnement doit aussi être une priorité européenne.

 Maintenir et renforcer les Directives européennes pour la protection de la nature

Les Directives Oiseaux et Habitats et le réseau Natura 2000 ont montré que l'Europe est une échelle d'action idéale pour agir en faveur de la conservation de la nature. Mais elles ne sont pas acquises à tout jamais et il faut se battre pour les maintenir car certains les remettent en cause sous prétexte qu'elles seraient néfastes au développement économique.

 Étoffer le droit de l'environnement

Enfin, nous devons, avec l'ensemble des pays membres, nous donner les moyens d'être plus efficaces dans la lutte contre les atteintes portées à la nature : pollutions diverses (chimique, lumineuse, sonore), décharges sauvages, braconnage, etc. Pour les catastrophes majeures (marée noire, pollution à large échelle...), l'Europe pourrait négocier un élargissement du champ de compétences de la Cour Pénale Internationale pour que les personnes physiques ou morales responsables d'écocides (crimes contre l'environnement) soient condamnées à la hauteur du préjudice. Nous ne tolérons plus ces agissements qui menacent notre cadre de vie et mettent en péril les écosystèmes en toute impunité.

Nous souhaitons également doter l'Union Européenne d'un Office des Biens Communs afin de définir un statut juridique international au patrimoine précieux que représentent l'air, l'eau, les sols, les espaces naturels et la biodiversité.


    • Position G.s
 

Commentaires 1

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Invité - lucas le mardi 29 janvier 2019 19:14

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