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  1. JIMMY BEHAGUE
  2. Expression libre
  3. lundi 9 septembre 2019
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Si nous lisons la définition du dictionnaire, celle-ci est assez lapidaire: "Infirmité ou déficience, congénitale ou acquise." Ce à quoi il est rajouté : "Désavantage souvent naturel, infériorité qu'on doit supporter."
Le handicap est donc un amoindrissement des capacités humaines physiques et/ou psychologiques dites normales ou naturelles.
Est ce une certitude de considérer quelqu'un qui a besoin d'un fauteuil comme déficient ? Comme amoindri ? Devons nous penser que le besoin d'outil pour se mouvoir est un marqueur d'infériorité ? Voire d'une moindre humanité ? Notre ontologie, notre essence est elle définie par nos attributs et non par ce qui nous est vital ?

Si je prends par exemple Stephen Hawking, la somme de ses problèmes physiques en faisait il moins un homme au regard de ses capacités intellectuelles ? Il semblait hors normes pour toutes ces caractéristiques.

Si je prends un autre exemple, Daniel Tammet, semble t-il handicapé quand vous lisez ses livres ? Alexandre Jollien semble t-il représenter un amoindrissement quelconque alors qu'il est philosophe et père de plusieurs enfants ?

Ces trois personnes sont hors normes.

Et plutôt que de limites naturelles, le handicap fixe une limite sociale. Pis, la MDPH traduit le handicap par un taux d'incapacité répondant à un barème qui conduit à une fourchette de pourcentage. Vous recevez une lettre incompréhensible décidant que vous êtes incapable entre 50% et 79%. C'est un exemple. C'est cette décision qui vous donne des droits, des aides et des accompagnements.

Ce barème ne s'appuie pas sur des obstacles naturels, en effet aucune personne n'est mise au défi de gravir une montagne ou de survivre dans une forêt trois semaines durant.

Non, celui-ci se base sur vos difficultés à vous mouvoir chez vous, dans la rue, à interagir, à effectuer des gestes du quotidien. Plus simplement à vivre en société.

Personne ne se demande si la société est adaptée à tous, notez bien c'est votre faculté à vous adapter à la société qui est questionnée. De fait l'inversion de cette proposition induit que la société n'a pas à être adaptée ou accessible à tous. Il est donc logique de conclure que tous les plans visant à l'accessibilité sont des paradoxes. On ne peut juger de l'adaptation des personnes à une norme et considérer que c'est la norme dans un même temps qui doit s'adapter. Ce paradoxe explique certainement l'échec de l'inclusion, l'échec de l'acceptation de la diversité, et le renforcement des inégalités et de la marginalisations des personnes dites handicapées.

Considérant cela il semble que la société en tant que système présente une déficience et un désavantage dans la mission qui lui est donnée... Sans intégrer la notion de handicap, une personne qui fait plus de deux mètres aura beaucoup de difficultés à trouver un lit adéquat, se mouvoir dans un logement et il sera également gêné dans ses interactions sociales. Simplement car la société est normative.

Cette vision des choses permet de comprendre pour quelle raison le handicap est en fait un concept qui justifie l'exclusion de personnes en mettant en avant leur nature diverse, différente.

Si l'on en croit Rousseau ou Aristote les sociétés sont nées afin que chaque homme puisse survivre au sein d'un environnement hostile. Chaque être devenu être social est donc un enjeu pour la société, car elle a pour raison d'être de l'intégrer et le protéger.

Or il est considéré pour les personnes qui ont un handicap que leur nature exclut leur intégration. Ceci est une autre démonstration de la contradiction inhérente à la société que nous connaissons. Elle ne remplit plus sa mission et fait porter la responsabilité aux personnes qu'elle-même exclut.

Il est du devoir de la gauche et de Génération.s de considérer une nouvelle forme de société, qui comprende une autre définition de l'homme, une autre définition de l'inclusion, une autre vision de l'intégration.

Le handicap ne doit pas être un moyen de considérer les lacunes des personnes mais au contraire de comprendre les manquements de la société dans tous les domaines : urbanisme, logement, éducation, emploi, espaces publics, culture etc.

Le handicap doit être un moyen de comprendre la pluralité des potentiels, de constater que les atouts de l'unicité de des individus permet davantage d'avancées que de considérer une uniformisation nécessaire des corps et des esprits. C'est ainsi que l'on pourra aider, accompagner et permettre à chacun de s'affirmer et d'être au service d'une société de manière épanouissante.

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Lorsque le hadicap est évoqué, il est toujours question du handicap visible. Or il existe des formes de handicap invisibles, invalidantes qui sont d'autant plus difficiles à vivre qu'elles ne sont pas apparentes.
Origine de la proposition
à titre individuel
Fabienne Poinson
  1. il y a plus d'un mois
  2. Expression libre
  3. # 1


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