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  1. Espace Idées
  2. L’internationalisme, une stratégie géo-politique pour la Paix (Europe, libre-échange, coopération politique internationale)
  3. samedi 14 mars 2020
  4.  Etre informé des nouvelles contributions par courriel
La France devrait rompre avec toute géopolitique étroitement hexagonale promouvoir une diplomatie refondée à la fois sur le droit international et les droits de l’homme, et veiller à l’exemplarité dans ses relations internationales pour regagner de la légitimité.

- Ouvrir un débat avec les élus, ONG, citoyens sur le sens de la mondialisation et de ses enjeux afin de co-construire une politique internationale et une diplomatie transparente à partir des analyses et anticipations (y compris la diffusion des technologies de l’information et de la communication, les migrations etc.).
- Privilégier de nouveaux modes de gouvernance multilatéralistes en associant les différentes parties prenantes issues des sociétés civiles, défendre un principe « multiacteurs » et pas seulement intergouvernemental.
- Ne pas subordonner la politique internationale à la lutte contre le djihadisme. Cela implique de repenser à la fois les opérations extérieures, la politique antiterroriste interne (retour au droit commun, rôle de l’armée et de la police), les relations avec les pays tiers, les origines et causes de la violence, les recompositions géoéconomiques et de construire des relations claires et novatrices avec les pays d’Afrique et du Moyen-Orient sans arrogance, ni ambiguïté.
- Repenser les relations avec les « Trois Grands » (États-Unis, Russie, Chine) qui conduisent une recomposition stratégique internationale à partir de politiques de puissance néo-autoritaires et unilatérales. Cela implique de retrouver un rôle traditionnel de puissance d’équilibre avec modestie et de contribuer à la délimitation d’un espace politique européen.
- Veiller sans cesse au respect des droits et des libertés dans les échanges avec les pays tiers, porter les valeurs de démocratie et de dignité, préserver l’indépendance de la « voix de la France » au service de la paix et de l’éthique afin de regagner en crédibilité et légitimité auprès des peuples du monde, quitte à en payer parfois le prix économique et financier.
- Respecter ses propres engagements (mix énergétique, nucléaire, décarbonation etc.) afin de rétablir la crédibilité de la France dans « la diplomatie du climat » en plaçant la décarbonisation au cœur.
- Repenser les politiques vis-à-vis des ex-colonies françaises sur la base d’une égalité réelle (coopération policière et de défense, économie et échanges commerciaux, migrations etc.).
- Cesser de pratiquer une forme de « lawfare » par un usage du droit international dans le but de promouvoir ses propres intérêts en détournant les normes juridiques afin, notamment, d’engager des opérations militaires extérieures.
- Mettre un terme aux ventes d’armes qui alimentent les conflits comme au Yémen, repenser les interventions extérieures, cesser de mélanger diplomatie et commerce, retrouver une autonomie de pensée et d’action.
- Interdire la vente de produits contenant des substances non autorisées en Europe pour des raisons liées à la protection de la santé humaine ou animale ou à la préservation de l’environnement dans les pays en développement, notamment en Afrique, dénoncée par le rapport de l’ONU de 2017 comme une « violation des droits de l’homme ».
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Complément sur la "diplomatie du climat" élargir le champ à la diplomatie de l'environnement, en y intégrant les questions de biodiversités.
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à titre individuel
Romain G
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Bonjour Romain,

Pourrais-tu (si tu as le temps) nous adresser un petit texte pour développer ta proposition sur la diplomatie de l'environnement et des biodiversités;
Merci d'avance.
Anne
Origine de la proposition
à titre individuel
Anne Joubert - Espace Idées
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Renouveler notre diplomatie en direction du continent africain.

La paix n'est pas l'absence de forces mais l'équilibre des forces. Rénover notre diplomatie en direction du continent Africain suppose d'abord sans naïveté d'identifier les menaces et les opportunités qui le et nous concerne.
Au sahel, les djihadismes, l'offensive diplomatique et digitale de la Russie, la déstabilisation permanente de la région des Grands Lacs. Économiquement la transition écologique est une opportunité de rompre avec les gouvernements corrompus et autocrates Pétro-Etats( Gabon, Cameroun, Congo Brazza) de l'ancienne Francafrique, de "décarbonner" notre diplomatie, mais cela devra pas être remplacé par une dépendance concernant les nouveaux minerais nécessaires aux voitures électriques et smartphones. Donc, cela suppose de sanctionner les pratiques prédatrices (Bolloré, Total...), de réorienter géographiquement notre effort ( Grands Lacs,Afrique de l'Est), de travailler avec les sociétés civiles et les mouvements citoyens (Lucha etc...), tout en rompant partout avec une lecture ethnicisée des conflits pour s'appliquer à des lectures géopolitiques. Par ailleurs, la gauche doit rompre avec le simplisme et la politique de vieux camarades qui a caractérisé les anciens mandats socialistes. Les hommes de gauche étudiants africains d'avant hier, peuvent être les tortionnaires ou génocidaires d'aujourd'hui (Côte d'Ivoire).
En France, cela suppose une restructuration des outils de notre diplomatie avec une réforme de l'AFD, devenue trop technocratique pour être à l'écoute des projets de terrain, trop centrée sur les "gros" projets pour accompagner les acteurs locaux. Ensuite, on devra clarifier le rôle de la nouvelle cellule du MEAE, dédiée au zones de conflits en lui conférant un statut de vecteur officiel de diplomatie d'influence avec les moyens afférents, au regard de la menace lourde de la Russie en la matière.Enfin, on devra continuer à assécher la puissance réelle du "deep state" dans la diplomatie française, à savoir ses habitudes " Quai d'Orsay", ses "honorables correspondants" et donc son inertie dans les postes. On devra à cet égard renforcer le rôle de perturbateur du CAPS.
Culturellement, le réseau des Instituts Français est en cours de réforme mais cela doit déboucher sur un vrai accompagnement horizontal des sociétés civiles dans les pays. ( Voir pièce jointe, une contribution sur la diplomatie culturelle déjà partagée avec les différents cabinets ministériels actuels)

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Origine de la proposition
à titre individuel
sébastien lagrave
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Bonjour Sébastien

Merci pour ta contribution mais je n'ai pas trouvé ta note en PJ.
Peux-tu me la renvoyer via l'adresse mail du CT International/Europe (generationsinternational@protonmail.com) ?
Je t'invite également à nous rejoindre, si tu le veux, via l'onglet Comités thématiques sur le site.

Merci d'avance.
Anne
Origine de la proposition
au nom d'un Comité thématique
Anne Joubert CT International/Europe
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Un mot sur les ventes d'armes. Plus qu'une opération purement commerciale qui permet de combler le déficit extérieur de la France, sans mentionner tous les dégâts et les horreurs que ça génère sur le terrain, la vente d'armes est très peu utilisée comme un levier diplomatique mais pourrait-elle quand même permettre d'avoir de l'influence auprès du client intéressé ? Pas sûr. Mais elle pourrait en avoir auprès de l'ennemi du client en question...En général, il ne cède pas et va se trouver son propre fournisseur. A ce jeu de dupes, le vendeur est toujours, au final, piégé. C'est toujours celui qui paie qui gagne. (voir la Turquie, membre de l'OTAN, qui se fournit en Russie !) L'argument souvent dégainé (tant qu'à y être) est que le client peut faire ses achats ailleurs, quitte à ce que le produit soit moins "performant". Si le vendeur hésite à vendre, (pour des raisons morales et/ou stratégiques) d'autres seront moins scrupuleux. Alors autant que la France vende et ça fait travailler l'ouvrier français. C'est la voix de la raison, non ? Et puis, quand il faudra des munitions et des pièces de rechange, là on aura une marge de manoeuvre et de négociation... Au Yémen, ce n'est pas ce qu'on fait. Parce qu'on a une politique clairement pro-saoudienne et pro-sunnite. Peut-on opposer juste des arguments moraux ? On sait que les guerres ne règlent rien et sont souvent contre-productives. Et parfois elles se retournent contre l'Etat vendeur. La question des ventes d'armes est liée à la question du désarmement des armes conventionnelles qui doit faire l'objet d'une convention internationale beaucoup plus contraignante, notamment en ce qui concerne les munitions. Et comment faire la distinction entre les armes défensives et offensives ? Les premières seraient plus acceptables mais les secondes pourraient-elles être mieux encadrées au niveau international dans le cadre du Traité sur le commerce des armes (TCA), entré en vigueur il y a 6 ans? Ce traité est-il efficace ? Soyons utopiques : faudrait-il que la France interdise la production d'armement ou juste l'exportation ? Sans les ventes à l'étranger, cette industrie ne tiendrait pas. Ne faut-il pas aussi posséder les moyens de se défendre et de défendre l'Europe ? Gros dilemme.

Par ailleurs, je propose qu'on exige la fin de notre biais pro-saoudien et qu'on pousse à la tenue d'une conférence internationale qui se penche sur l'imbroglio autour du Golfe, de l'Irak et de l'Iran. Faut-il inclure la question de la Syrie et du Liban ? Sans doute car ses ramifications vont jusque là. Israël devrait-il y participer? A voir. Si Trump n'est pas réélu, il faudra pousser dans ce sens, quitte à isoler Poutine. On ne peut plus laisser MBS faire ce qu'il veut. Sa politique radicalise l'Iran et Israël, ensanglante le Yémen et envenime artificiellement les relations sunnites-chiites. Avec, à la clé, la résurgence d'un nouveau DAESH. Idem pour le peuple kurde pour lequel nous devrions exiger la création d'un Etat indépendant. Et, pareil, pour la Libye où la France, pas seulement, joue un jeu très ambigu et, encore une fois, criminel et suicidaire. Pour ce faire, cependant, il faut embarquer l'Europe autour d'un plan de paix global auquel on pourrait joindre la CIJ (il faudrait la réformer pour qu'elle ait le pouvoir de se saisir elle-même des conflits).
Origine de la proposition
à titre individuel
Bernard Boulad, co-référent du CT International/Europe
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Exportations d'armement :
contrôle du Parlement et valeurs démocratiques

Contexte
Troisième exportateur mondial d'équipements de défense et de services associés pour la période 2015-2019 (7,9% de part du marché mondial après les Etats-Unis avec 36% et la Russie, en baisse à 21%) et leader de l'armement en Europe, la France son rôle de puissance de plus en plus exportatrice, principalement vers le Moyen-Orient (Egypte 26%, Qatar 14%) et l’Inde (14%). Cette situation s’explique notamment par ses livraisons de Rafale et de sous-marins.
Solidement tenu par la DGA et confiné à l'occasion des Commission interministérielles d'exportation de Matériels de guerre – CIEEMG à l'abri du contrôle démocratique et de l'intervention des institutions ''civiles'' (dont le Parlement), ce ''fief'' du ministre de la Défense bénéficie d'atouts moins vantés que la seule excellence technologique française (la France devant ''tenir sa place dans le monde'') et la sollicitude sans limite de l'autorité politique.
Le financement des programmes d'acquisition – qu'ils soient nationaux ou européens – n'étant plus possible sans leur prolongation par un volet d'exportation, la France s'est spécialisée de longue date dans les destinations ou clientèles qui ne sont ni des modèles de démocratie ni des affidés des États-Unis. Ceci signifie des zones sous tension au sein du monde émergent, des puissances néo-hégémoniques (la Chine notre premier client en technologies duales ; l'Inde, puissance nucléaire non-déclarée et au régime de plus en plus nationaliste ; Taiwan sous la menace de la RPC ; les monarchies du Golfe conduisant leur croisade anti-chiite ; la Russie acquéreuse de nos BTC de type ''Mistral'' après avoir annexé deux provinces de la Géorgie, la Crimée puis agressé l'Ukraine au Donbass). L’utilisation des armes vendues par la France, en particulier par l’Arabie Saoudite dans sa guerre au Yémen, pose des questions à la fois d’éthique et de droit international.
Un argument ''vendeur'' de ce secteur, très opaque au regard du citoyen, est l'offre de prestations annexes poussées, non seulement en termes d'organisation industrielle, de ''commissions dues aux intermédiaires'' et de part locale, mais aussi de ''mercenariat'', via les sociétés du groupe DCI (dans les pays du Golfe et, notamment, suite à l'''arrangement administratif'' de 1995 avec les EAU, lié à la mise en œuvre de missiles de croisières), voire de clause d'engagement ''automatique'' de nos forces pré-positionnées dans des scénarios génériques prédéterminés.
En fait, une politique du « grand écart » est menée, de longue date, entre, d'un côté, nos intérêts industriels (défense de l'emploi!) et, de l'autre, les principes dont nous nous réclamons sans totalement nous y astreindre : droits humains, priorité donnée à la recherche de la Paix, respect rigoureux des embargos des Nations-Unies ou de l'UE ainsi que des accords de contrôle comme le Traité sur le Commerce des armes du 2 avril 2013 (dont les clauses disciplinaires nous gênent).

Propositions
1 - Revue, par le Parlement, des accords et ''arrangements'', dont le contenu est du niveau d'un Traité, donnant lieu à la mise à disposition de personnels de la défense, amenés à servir des équipements de défense français, dans des chaînes de commandement étrangères (suspicion de ''mercenariat'', en cas de conflit) ;
2 - Revue des clauses d'engagement automatique de nos forces dans le cadre de contrats d'armement ; examen de tous les contrats par la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, Information du public sur ces engagements lorsqu’ils sont confirmés ;
3 – Moralisation de l'amont des contrats : procédure strictement écrite de l'interministériel, refus des consignes et pressions anonymes.
4 - Rééquilibrage du régime de la CIEEMG, la Défense (Délégation Générale à l'Armement et Délégation aux affaires stratégiques) sauvegardant son ascendant industriel et financier mais laissant aux entités ''civiles'' une voix déterminante, s'agissant des considérations de politique extérieure (''l'intérêt de la Paix''), de désarmement, droit humanitaire, grâce à un minimum de transparence, en s'appuyant sur les travaux européens autour de ''l'identité européenne de l'armement'' ;
5 - Réflexion prospective ''citoyenne'' sur la ''guerre des robots'' et des drones du futur et les graves entorses qu'elles annoncent vis-à-vis du droit de la guerre et du droit international humanitaire.
6 – S’engager à respecter la Convention sur certaines armes classiques (Convention on Conventional Weapons, CCW) pour prohiber les armes les plus contraires au droit de la guerre (protection a minima des populations civiles).
Origine de la proposition
à titre individuel
Anne Joubert
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Une stratégie de puissance pour la France et l’Union Européenne

Invoquer le multilatéralisme et essayer de renforcer les organisations internationales (ONU et ses agences, ONG notamment) est un objectif louable mais dépendant d’autres acteurs dont les agendas (politiques, économiques, sécuritaires) ne seront pas tous alignés avec ceux de la France. G·S se doit donc aussi de proposer dans son programme les actions que la France pourra mettre en œuvre seule pour influencer les autres acteurs. Refuser de participer au rapport de force avec des États autoritaires notamment, c’est déjà le perdre et les laisser avancer leurs pions. Ainsi ce texte propose quelques grands axes pour maintenir une voix autonome de la France qui porte nos valeurs humanistes, sociales et environnementales.

Améliorer la culture diplomatique et sécuritaire commune en Europe
La politique étrangère et de sécurité commune (PESC) a principalement fonctionné aujourd’hui pour les relations avec les États candidats à l’adhésion et les pays du partenariat oriental, et dans le cadre des négociations d’accords commerciaux. Pour pouvoir reconnaître les intérêts communs en Europe, sortir des postures habituelles (atlantisme, russophilie, isolationnisme…) qui minent le dialogue et travailler sur des dossiers et des sujets délicats (relations avec la Russie, avec les pays du Maghreb et du Proche-Orient notamment), il apparaît nécessaire que les diplomates et administrateurs des pays de l’UE partagent une culture commune.
Cela pourrait prendre la forme de modules communs lors des formations initiales ou continues des fonctionnaires nationaux ou européens, la généralisation de périodes croisées (diplomate français travaillant dans une ambassade allemande par exemple), l’utilisation des ambassades de l’UE pour rendre plus cohérente l’action locale des ambassades nationales.
Côté purement militaire, l’intérêt de l’OTAN ne doit pas être négligé pour organiser des exercices et des dialogues entre européens. Le désinvestissement net et durable des États-Unis d’Amérique (EUA) de l’Europe et de son voisinage doit pousser à établir une solidarité européenne plus forte sur ces dossiers (notamment la Russie, la rive sud de la Méditerranée et le Proche-Orient). Une organisation devra être trouvée pour que des opérations auparavant purement françaises (Serval, Sangaris) soient européennes dès le premier jour. Cela passe également par un réinvestissement de la brigade franco-allemande et l’établissement d’une doctrine permettant son engagement organique (et non une séparation des engagements entre unités françaises et allemandes). Une fois l’efficacité démontrée (et l’unité engagée sur un théâtre d’opération), son extension à d’autres pays volontaires pourra être envisagée afin de servir de base à une véritable armée européenne.

Responsabiliser les États avec lesquels traitent la France et l’UE
L’UE doit cesser de négocier des accords de libre échange en eux-mêmes. Ils doivent s’inscrire dans un partenariat politique (démocratie et droits humains, environnement, social, coopération internationale…) plus large pour valoriser l’accès au plus grand marché mondial qu’est l’UE. Ces décisions et ces accords doivent être revus périodiquement afin de les mettre en concordance avec les ambitions politiques européennes.
De même l’aide au développement fournie par la France doit être évaluée afin de ne pas être utilisée par des régimes autoritaires pour soutenir leur politique. La question de la coopération économique ou technologique doit également être attentivement étudiée pour éviter la diplomatie du carnet de chèques qui a pu avoir cours. Les grands accords de défense (Qatar, Arabie Saoudite, Brésil, Inde notamment) devront être revus régulièrement.
Dans les opérations militaires dans lesquelles la France sera engagée, il faudra continuer le dialogue politique avec les pays impliqués pour s’assurer que l’opération a des résultats politiques (amélioration de la sécurité, obtention d’un cessez-le-feu, organisation d’élections…), sans quoi la présence militaire ne se justifie pas. Il est par exemple patent que les accords d’Alger signés en 2015 ne sont pas appliqués par le Mali malgré la présence continue de forces françaises sur son territoire.

Agir dans le monde, par tous les moyens
L’appui aux organisations internationales, notamment l’ONU, ne doit pas nous empêcher de défendre des valeurs et une politique à l’international. Le réseau des ambassades françaises doit pour cela être maintenu afin de disposer d’informations fiables et autonomes, et de canaux de discussions directs y compris avec des régimes à la légitimité discutable.
La concertation avec les États membres de l’UE doit être recherchée pour tous types d’actions (diplomatique, humanitaire, militaire). L’émergence du « pilier européen » de l’OTAN, ou la mise en place au niveau de l’UE d’une structure de planification militaire, doit être recherchée pour compenser le désinvestissement des États-Unis et mettre en place un circuit de décision partagé et autonome entre Européens.
Lorsque la diplomatie ne suffit plus, si le conseil de sécurité de l’ONU est paralysé, la France ne doit pas s’interdire d’agir militairement en coalition avec ses alliés les plus proches (UE, OTAN) quand ses intérêts vitaux sont en jeu ou que le droit international est manifestement bafoué. Cette décision ne doit jamais être prise à la légère, mais elle doit rester une option possible pour les démocraties, sinon le droit international sera vidé de sa substance. Il est utile de collecter des preuves sur des crimes de guerre ou des crimes contre les populations civiles, mais il est de la responsabilité des démocraties de faire leur possible pour empêcher ou limiter ces forfaits.
Origine de la proposition
à titre individuel
Thomas (Paris 11)
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Thomas,

J'adhère assez aux idées que tu défends mais je me demande dans quelle mesure elle peut s'inscrire dans la vision multlatéraliste que nous défendons, notamment au sein de l'ONU mais aussi s'accommoder avec notre penchant fédéraliste européen. En somme, tu considères que lorsqu'il y a désaccord, au sein d'instances régionales ou internationales, avec ses partenaires (ou pas d'unanimité ou de majorité), la France devrait pouvoir agir seule. C'est ce qu'elle fait en Afrique subsaharienne avec l'accord implicite des Grands ou de l'Europe. L'unilatéralisme donc se justifierait s'il y a atteinte au droit international.
Ca pose quand même des problèmes éthiques: qui pour juger de la bonne foi des preuves accumulées ? Sans mandat formel de l'ONU, est-ce légal ? S'appuyer sur l'OTAN (comme en Libye et en Serbie) est-il acceptable ? Contre la Syrie, en 2012, fallait-il y aller seul, sans le R-U et les USA ? Là, j'étais pour mais je ne sais pas si la France, en s'isolant, ne se serait pas trouvé en fâcheuse position par la suite ? J'ai l'impression que les équipées solitaires passent de plus en plus mal dans les sociétés démocratiques.
Je pose ces questions parce que les USA ont souvent agi de la sorte, souvent en maquillant les faits (Irak 2003) ou en exagérant les menaces, soulevant notre désapprobation et indignation. De plus, ce type d'intervention ne se fait qu'à l'encontre d'un pays hors de la sphère occidentale et de la zone d'influence russe ou chinoise. Jamais contre un prétendu allié comme la Turquie ou l'Arabie Saoudite... Finalement, on ne pourrait plus agir que dans des pays africains, avec des intérêts français stratégiques ou commerciaux à défendre, dirigés par des régimes vacillants et honnis. Et donc pas toujours pour les bonnes raisons...
Par ailleurs, je me demande dans quelle mesure cette politique française dans son ancien pré carré ne crée pas un blocage chez ses partenaires européens et notamment l'Allemagne pour la création d'une véritable défense européenne dont il reste à définir le fonctionnement et le commandement tat politique que militaire...
Origine de la proposition
à titre individuel
Bernard Boulad, co-référent Comité International / Europe - Paris 18e
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Pour préciser, dans le désordre par rapport à tes remarques :
* les capacités militaires nationales ne sont pas infinies, et il est généralement mauvais de s'engager dans un rapport défavorable. Je ne dis pas qu'il faut s'engager seuls dans des équipées contre plus fort que nous, le militaire doit rester la dernière option. En revanche on peut utiliser d'autres moyens plus souvent (commerciaux notamment, c'est le paragraphe d'avant).
* concernant les preuves et la légalité, plusieurs exemples récents nous montrent que le Conseil de sécurité peut être paralysé (par un veto notamment) alors que les instances de l'ONU ont mené des enquêtes et abouti à des conclusions claires. Évidemment sans mandat de l'ONU il faut être prudent et rassembler le plus largement possible, mais quand on dispose de preuves (c'est le cas pour les attaques chimiques en Syrie), si on ne réagit pas c'est toute l'architecture de non prolifération de ces armes qui tombe. Enfin une dernière solution (utilisée généralement par la France en Afrique, ce qui est un peu différent de ce que tu dis) est l'appel à l'aide du gouvernement légitime. On peut être prudent, peser la situation et poser des conditions (par exemple des conditions politiques), mais il n'y a alors plus de question de légalité. On peut remarquer d'ailleurs que l'Allemagne n'intervient pas mais participe (très) souvent aux missions de formation des forces de sécurité qui suivent ces interventions.
* enfin concernant l'OTAN il s'agit de mon point de vue d'un outil qui a l'avantage de fonctionner, l'utiliser ou pas est une question "technique" et ne change pas la légitimité ou non de l'intervention (si ce n'est que c'est une preuve qu'il n'y a pas eu de veto à l'intérieur de l'alliance), légitimité qui doit être une question majeure.
Origine de la proposition
à titre individuel
Thomas M
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Pour une réflexion globale sur la Palestine et Israël à la lumière de l’évolution de la situation régionale
Contribution du comité Paris 17

Contexte :

L’actualité récente au Proche et au Moyen-Orient et les nouveaux équilibres régionaux, avec notamment le retrait de Trump de l’accord sur le nucléaire iranien et le rapprochement israélo-saoudien, ont fait du sort des Palestiniens le grand oublié de la région.

Les offensives coloniales d’Israël soutenues par le plan Trump, qui reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël, n’en continuent pas moins de bafouer scandaleusement le respect du droit international et des droits de l’Homme. Et de subordonner l’économie palestinienne aux intérêts israéliens.

Un collectif de 190 juristes et militants presse le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies d’agir en faveur des détenu(e)s palestinien(ne)s. Détentions arbitraires sans inculpations ni procès, tortures même à l’encontre des enfants, député(e)s et journalistes emprisonné(e)s, attaque d’une association de défense des prisonniers, la liste est longue de cette répression à l’encontre des prisonniers qui ne connaît plus de limites (sources : AFPS, ONU, Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, Samidoun : réseau de solidarité avec les prisonniers).

Alors que la Palestine représentait 44% du territoire lors du plan de partage de l’ONU en 1947, elle en occupe 22% en 1967 et plus que 15% avec les colonies aujourd’hui. A l’heure où l’annexion de larges portions de la Cisjordanie se profile, la dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 23 décembre 2016, rappelant ses 10 résolutions sur la question depuis 1967, stipule expressément que l’acquisition d’un territoire par la force est inadmissible.

Propositions :

Génération.s doit introduire une réflexion globale au sein de la gauche sur la Palestine et Israël et proposer :
- Un positionnement clair et commun
- Que la gauche et les écologistes cherchent à peser sur l’Europe pour condamner l’annexion si elle advient (pour rappel, l’UE a pris tout un éventail de mesures suite à l’annexion de la Crimée par la Russie)
- Des mesures économiques s’il y a annexion : suspension de l’accord privilégié d’association entre l’UE et Israël (votée en 2002 au Parlement européen), afin que l’UE cesse de cautionner les violations du droit international en Israël / Palestine
- De réaffirmer la lutte pour le strict respect du droit international, des conventions de Genève et des droits de l’Homme et de l’enfant
- De reconnaitre l’Etat de Palestine avec Jérusalem-Est comme capitale (la Palestine a été admise à l’ONU en novembre 2012)
- La levée du blocus de Gaza
- La libération de tous les enfants détenus dans les prisons israéliennes
- L’élimination de toutes les formes de torture
Origine de la proposition
au nom d'un Comité local
Comité Paris 17
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Refonder la diplomatie, c'est renforcer le role du parlement sur les questions de politique étrangère et de défense.

Refonder la diplomatie pour un parti qui souhaite le renforcement de l'Union européenne, c'est avoir des ambassades et des services culturels communs
dans certains pays.
Refonder la diplomatie, c'est développer la concertation avec la société civile française sur les questions de relations internationales
Origine de la proposition
à titre individuel
Robert SIMON, comité Paris centre
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Renouveler notre diplomatie en direction du continent africain; réponse à Sébastien

D'accord avec l'essentiel de tes remarques mais:
- dans les risques rencontrés pour notre diplomatie en Afrique, tu pourrais rajouter la montée en puissance de la Chine qui installe ses pions économiques, prête de l'argent massivement aux pays africains et rachètera ses ports et aéroports quand ils ne pourront plus rembourser, et s'arrange très bien de gouvernements autoritaires et corrompus.
- tu ne dis rien sur la francophonie. Les liens historiques et linguistiques que nous avons avons un grand nombre de pays africains sont à cultiver, en évitant bien sur la création d'un lien néo-colonialiste. J'ai le sentiment que le Québec et le Canada sont bien plus dynamiques pour soutenir la francophonie.
- il nous faut avoir une diplomatie ouverte à la jeunesse africaine. C'est le continent le plus jeune de la planète: la plupart des pays sont gouvernés par des chefs d'état très agés, en place, avec le soutien de la France souvent, depuis très longtemps. La jeunesse africaine aspire à un autre monde. La France est perçue comme complice des multinationales françaises et des chefs d'Etat qui veulent rester au pouvoir jusqu'à leur mort et parfois installer leurs enfants pour leur succéder. Une partie de la jeunesse africaine est hostile à la France. La France doit aider la jeunesse africaine à prendre les rênes de leurs pays. Le discours de la Baule de Mitterrand est resté trop souvent lettre morte.
- L'Europe est l'horizon à long terme de la relation avec le continent Africain. Notre diplomatie doit s'inscrire dans cette dynamique. C'est dans l'intérêt de l'Europe, c'est dans l'intéret de la France, c'est dans l'interet de l'Afrique.
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Origine de la proposition
à titre individuel
Robert SIMON, comité Paris centre
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Limiter au grand maximum les interventions militaires et solitaires de la France à l'étranger; réponse à Thomas.

L'Europe, l'ONU doivent être les lieux où se discutent la nécessité d'interventions militaires de la France. L'ONU a déclaré la guerre hors la loi, sauf cas particuliers. La France doit tout faire pour que l'ONU soit le lieu d'autorisation de l'usage de la force. Parfois l'ONU est incapable de prendre une décision, notamment du fait du droit de veto. Thomas, tu dis que si un gouvernement légitime appelle à l'aide, l'intervention est légale. Non. Faut il repondre à un éventuel appel à l'aide du gouvernement ukrainien envahi par la Russie? Faut il répondre à un éventuel appel à l'aide du gouvernement de Palestine envahi par Israel? Faut il répondre à un éventuel appel au soutien militaire de la France lancé par le gouvernement du Tchad bousculé par une révolte interne? Je ne le crois pas.

Le renforcement des outils de résolution pacifique des conflits au niveau international et le renforcement du multilatéralisme sur toutes les questions qui ne peuvent être réglées qu'au niveau mondial, doivent être les chevaux de bataille d'un gouvernement de gauche et des écologistes. Le soutien aux mouvements de défense des droits humains et de la démocratie est un des outils de la prévention des conflits armés.

On investit beaucoup d'argent dans la recherche sur les armements et la production d'armes toujours plus effrayantes. Je propose de garder une partie de ces sommes pour la recherche et la formation sur la résolution non violente des conflits et sur les fragilités de nos sociétés. Ce ne sont pas nos Mirages et nos sous marins nucléaires qui nous ont protégé de la pandémie du covid. Ils ne nous protégerons pas plus du réchauffement climatique. Au contraire ils y contribuent.

Le plan de résilience de la ville de Paris proclame que la capitale ne sera résiliente face aux crises que si les parisiens sont préparés à faire face aux crises. Le Haut comité français pour la résilience nationale dit que notre pays n'est pas prêt à faire face à des catastrophes majeures. Mobiliser la population est un des outils des stratégies non-violentes. La sécurité de notre pays dépend de la volonté des citoyens à défendre leur mode de vie et leurs valeurs et de ce qui sera fait pour les préparer à faire face aux menaces encourrues. Mobilisons des ressources pour cette préparation.
Origine de la proposition
à titre individuel
Robert SIMON, comité Paris centre
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Renforcer le volet "environnement" de notre diplomatie.

Des mouvements revendicatifs se sont exprimés fortement dans de nombreux pays en 2019. Mais le volet écologique (lutte contre le rechauffement climatique, protection de la biodiversité) était quasiment toujours absent. Cela montre qu'il n'y a pas une prise de conscience suffisante de ce qui menace l'humanité. 191 Etats ont signé les accords de Paris mais dans combien de pays y a t il une juste appréciation de ce qui nous attend et de l'urgence de prendre des mesures. Ce sont les pays les plus pollueurs qui doivent agir d'abord mais une mobilisation de tous les pays est également nécessaire.

Il faudrait donc que nos ambassades, nos centres culturels et nos établissements scolaires à l'étranger soient mobilisés pour sensibiliser les Etats mais aussi les sociétés civiles de l'ensemble des pays. Cette action serait à mener en concertation avec les délégations de l'Union européenne et les ambassades des autres pays déjà sensibilisés. Nous sommes tous sur le meme bateau. Cette prise de conscience de nos interdépendances est un travail qui doit être mené chez nous comme dans les autres pays.
Origine de la proposition
à titre individuel
Robert SIMON, comité paris centre


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