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  2. L’avenir est à eux ! Jeunesse, éducation, formation dans le monde qui vient
  3. mardi 10 mars 2020
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La recherche française est d’une importance capitale. Elle est nécessaire à l’innovation, un outil pour enrayer et s’adapter au dérèglement climatique et une productrice de savoir émancipateur.

Pourtant, l’État n’est pas à la hauteur et l’austérité grève l’efficacité et les conditions de travail des jeunes chercheurs. Ainsi, en 2016, notre dépense intérieure en recherche et développement atteignait 2,3% du PIB, loin de l’objectif européen de 3%, là où l’Allemagne elle dépassait 2,9%.
Cela se concrétise par une baisse continue du nombre de doctorants qui entre 2008 et 2018 a baissé de 21% en sciences de la société et 13% en sciences humaines et humanités alors que le nombre d’étudiants a augmenté. Cette situation est aggravée par les manques de débouchés professionnels : 75% des doctorants ne sont pas satisfaits de leur possibilité d'évolution.

La LPPR prévue par le gouvernement n'est pas à la hauteur, pire elle pourrait accroître la compétition entre les laboratoires et empêcher les enseignants chercheurs d'avoir des situations professionnelles stables et des financements sur le long terme, pourtant indispensables.
Il est temps d’opérer un tournant pour mettre fin au néolibéralisme académique et garantir une recherche de qualité, autant pour ceux qui la produisent que pour ceux qui la reçoivent.

Propositions :

● Annuler la sélection à l'université et la hausse du coût des inscriptions pour les étudiants étrangers
● Faire de l’enseignement supérieur et de la recherche une priorité budgétaire en y investissant un milliard d’euros supplémentaire par an et en rééquilibrant les subventions accordées aux étudiants d’université (10 000 € par an) par rapport à celles attribuées aux élèves des grandes écoles (50 000 € par an)
● Promouvoir une politique d'open access de la recherche pour rendre le savoir accessible à tous
● Améliorer les conditions de travail des acteurs de la recherche en revalorisant la rémunération des universitaires et chercheurs en début de carrière, en mettant fin aux thèses non financées et en créant 7500 emplois dans les universités et les laboratoires
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Contribution qui me parait très pauvre et reprenant un certain nombre de lieux communs plus ou moins étayés et porté par quelques lobbies syndicaux :

- la quesiton du financement pose la question de son niveau, certes, mais aussi de celle de sa structures (fi. sur projets v/. récurent) et de sa qualité de gestion.
- la question de l'organisation (mixte) de la recherche est passée sous silence : quelle cible à terme pour les organismes de recherche au vu de la montée en puissance des universités ?
- la question du pilotage scientifique est absente : c'est dommage, car elle conduit à reposer le sujet de la responsabilité sociétale de la recherche (contre une certaine fiction de l'autonomie revendiquée par les chercheurs)
- enfin, figurent des sujets (rééquilibrages financiers entre filières (quid des filières sélectives courtes ?) ou "sélection" à l'entrée,du supérieur qui sont hors sujet et relèvent du slogan.
Origine de la proposition
à titre individuel
Bertrand Minault
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La recherche scientifique représente un enjeu central pour le monde de demain, dans des domaines variés : écologie, économie et industrie, société. Lorsque certains pays font de la recherche une priorité, la France prend le chemin inverse en termes de financement (2,3% du PIB consacré à la recherche, en baisse, alors que les pays de l'OCDE s'approchent de 3% ou plus), d'attractivité (salaires et conditions de travail en décrochage) et de liens avec le reste de la société.
La "Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche" (LPPR) préparée par le gouvernement, et devant être débattue en 2020, présente des solutions fortement marquées par une idéologie de compétition. Le PDG du CNRS a notamment déclaré : "Il faut une loi ambitieuse, inégalitaire – oui, inégalitaire, une loi vertueuse et darwinienne", tandis que l'une des mesures phares de la loi prévoit le remplacement des postes pérennes par des contrats précaires censés stimuler les jeunes chercheurs.
Dans cette situation, il nous semble indispensable, à court terme, de militer contre cette loi profondément idéologique et de contraindre le gouvernement à la modifier en profondeur. A plus long terme, Génération.s se doit d'avoir sa propre vision de la place de la recherche en France, et des mesures possibles pour s'en rapprocher. Voici donc une contribution pour apporter quelques pistes à ce projet, par le prisme de la carrière d'un chercheur en France (formation, recrutement, emploi).

Formation initiale : le doctorat

Les conditions de travail en doctorat, passage obligé pour une carrière dans la recherche, sont aujourd'hui très hétérogènes.
Aujourd’hui, une part importante des doctorants ne disposent pas de financement (30 % au total, jusqu’à 90 % en sciences humaines!) : les étudiants ne sont pas rémunérés pour leur travail, n'ont pas de locaux professionnels, et leur doctorat s'étend sur d'autant plus longtemps (5/6 ans au lieu de 3/4 avec financement).
Cette situation, où l'étudiant doit subvenir à ses besoins par d'autres sources de rémunération que son travail de docteur, est incompatible avec un travail de recherche appliqué, serein et reconnu. C'est pourquoi nous demandons que toutes les thèses, quelque soit le domaine, soient financées, pour reconnaître ce lourd travail et ne plus nourrir la précarité étudiante des futurs chercheurs.

Transition formation-emploi : le recrutement vers la recherche publique et les alternatives

La voie naturelle après une doctorat est de candidater à un poste dans la recherche publique. Cependant, aujourd'hui, ce processus est particulièrement long et sélectif : en sciences dures, il n'est pas rare de devoir faire 4/5 ans de contrat "post-doc" (CDD de jeune chercheur) avant d'être finalement recruté. Cela correspond à un premier CDI à Bac +14 ! Ces nombreuses années post-thèse testent trop longtemps les candidats, ont l'effet pervers d'exclure ceux qui ont des impératifs familiaux, et ne créent de toute façon par davantage de postes. Nous demandons donc que les recrutement dans la recherche publique s'effectuent à thèse +0/3 années maximum.
Un autre débouché naturel est le reste de la fonction publique (enseignement, autres). Cependant, le doctorat n'est aujourd'hui que peu valorisé dans les grilles, les équivalences ou les concours spéciaux proposés. Nous demandons donc une meilleure reconnaissance du doctorat pour l'insertion et la carrière dans la fonction publique.

Carrière dans la recherche publique

Aujourd'hui, la rémunération des chercheurs dans le secteur public est largement inférieure aux équivalents dans le secteur privé (ce qui engendre un déficit d'attractivité sur le marché national de l'emploi et de la formation), mais également nettement inférieure aux autres pays de l'OCDE ! Le salaire moyen des chercheurs en France représente (chiffres 2013), en PPA, 63% de celui des chercheurs de l'OCDE en début de carrière, et 84% en fin de carrière. Cet écart est abyssal, et nous demandons une revalorisation globale des métiers de la recherche, particulièrement en début de carrière, à la hauteur des autres pays de l'OCDE. En outre, ce rattrapage ne doit pas se faire au détriment de la sécurité de l'emploi, comme le propose la loi LPPR.
En outre, le "financement par projets" tend à s'imposer ces dernières années, et sera encore plus appuyé si la loi LPPR est promulguée en l'état. Ce type de financement induit de nombreux effets pervers (mise en compétition de laboratoires, faible taux de succès qui accroît le temps consacré à l'administratif au détriment du travail de recherche, manque de visibilité à long terme, sur-financement des projets à la mode...), et nous demandons au contraire que ce soit le financement pérenne de la recherche qui soit promu, afin de donner du temps à la recherche, condition indispensable pour qu'elle soit réellement innovante et de qualité.
Origine de la proposition
à titre individuel
Eléonore Cartellier, Arthur Péronne (membres du Comité Grenoble Métropole)
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La question du niveau de financement (aujourd’hui clairement insuffisant) et de sa structure (promotion du financement pérenne) montre que la LPPR est une loi finalement très datée dans sa conception, comme une mise au goût du jour du pacte pour la recherche de F Goulard de 2005.

Toutefois, combattre le projet de LPPR invite aussi à réfléchir à d'autres enjeux, notamment :
- les modalités de pilotage : car, à mon sens, on ne peut s'en tenir à la seule mise en avant des libertés académiques. Comment renforcer une "science citoyenne" (voir les propositions de l’association éponyme) en rupture avec les impasses des techno sciences actuelles ? Je ne suis pas favorable à une déresponsabilisation des chercheurs ni ne fait confiance à la seule autorégulation ...
- les modalités d'organisation : comment redonner du sens au laboratoire comme collectif (contre la starisation du monde d la recherche - cf ERC) sans aborder la question de la mixité des structures universités / organismes (avec peut-être un modèle de carrière comme celui existant pour les mathématiciens avec un début dans les organismes pour faire de la recherche et une suite dans les universités pour faire de l'enseignement ?).
Origine de la proposition
à titre individuel
Bertrand Minault


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