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UNE ACTION PUBLIQUE QUI RÉDUIT LES INÉGALITÉS (SERVICES PUBLICS, TERRITOIRES)
Eléments de contexte

Une action publique qui réduit les inégalités : services publics, territoires 

Le mouvement des Gilets jaunes a révélé au grand jour le vaste mouvement d’accroissement des inégalités sociales et territoriales à l’œuvre en France depuis plusieurs décennies. Pour la première fois depuis très longtemps un mouvement d’action collective spontané a fait éclater les colères de toute une partie de la société oubliée dans le grand bruit de la mondialisation.

Ce mouvement social inédit est à la croisée de deux trajectoires qui atteignent désormais le même point commun d’une insupportable injustice. D’abord, la vivacité d’un sentiment de relégation sociale ancien mais qui se réactive avec la disparition progressive de nombreux services publics et la détérioration de leur qualité. La nasse dans laquelle se trouve désormais une grande partie de la population face aux effets en cascade de la crise écologique ensuite.

L'étalement urbain s’est accompagné d’un urbanisme périurbain qui condamne dans nombre de territoires les classes populaires et moyennes à une dépendance inéluctable à la voiture. Faute de penser la conversion écologique de la société dans une logique de réduction des inégalités, toute ambition écologique est vouée à l’échec.

La France est confrontée à un creusement des inégalités à la fois entre les différentes régions françaises et à l’intérieur mêmes de celles-ci. Ce phénomène s’explique d’abord par la globalisation économique et financière qui pousse partout dans le monde à la concentration des richesses dans les centres urbains denses au motif de la compétition économique et financière internationale.

L’immobilier des métropoles est devenu un produit de placement pour grandes fortunes et autres fonds d’investissement avec à la clef des phénomènes de gentrification et d’exclusion des plus modestes. L'emploi et les échanges de richesses  se concentrent toujours plus dans les grands centres urbains, au détriment des périphéries qui subissent en même temps et de plein fouet les inégalités sociales et environnementales.

Cette amplification des inégalités ne dépend pas que de facteurs généraux, il touche directement aux choix politiques effectués depuis 40 ans et à l’abandon d’une véritable politique d’aménagement du territoire. La course à l’attractivité du territoire s’est inscrite dans une vision productiviste de la ville. Pour installer toujours plus d’entreprises et d’habitants, il fallait construire toujours plus de logements et de bureaux, toujours plus d’aéroports et de gares tgv, au détriment du coût écologique de ces projets et des besoins des populations (en particulier des plus précaires).

Les politiques d'urbanisme se sont souvent inscrites dans une logique de compétition des territoires sanctifiant les métropoles locomotives de la croissance et sacrifiant les autres, condamnés au déclin ou à ne vivre que de la redistribution (aléatoire) des richesses. La théorie du ruissellement a produit ses effets délétères dans ce domaine comme dans d’autres : les territoires riches s’enrichissent et les territoires pauvres s’appauvrissent. La conséquence en est dramatique : une concentration des populations et des opportunités dans les grands centres urbains et un délaissement des périphéries dont nombre d’habitants se sentent prisonniers par manque d’opportunités et de mobilités tant géographiques que sociales.

L’hypercentralisation de la France tend à renforcer ces inégalités territoriales et l’incapacité des territoires à trouver les moyens locaux (notamment financiers) de leur propre développement. La décentralisation n’est aujourd’hui pas une réalité en France. La prédominance de l’Etat central dans le système politique et institutionnel français a un effet direct sur la faible autonomie des territoires et l’incapacité à investir durablement dans des services publics de qualité adaptés aux problématiques des usagers. Le principe de la contractualisation entre l’Etat et les collectivités locales renforce cette dépendance.

Alors que ces services publics permettent justement de réduire les inégalités sociales, économiques et environnementales et sont de plus en plus demandés par les Français.es, ils sont partout remis en cause et attaqués par un gouvernement qui cherche à réduire le champ de l’action publique (fermetures d’hôpitaux et de services publics de proximité, désinvestissement dans les politiques en faveur des quartiers populaires, diminution d’effectifs dans l’enseignement et la culture, encouragement à la privatisation de services publics, abandon des infrastructures de transport ferroviaire de proximité, fermeture des gares, etc au profit de la libre concurrence.

La baisse de la dotation globale de fonctionnement pour les collectivités locales se traduit souvent, hélas, par une concurrence entre les territoires, chacun espérant récupérer une part importante au détriment des autres.  Les inégalités territoriales se doublent ainsi d’une inégalité dans l’accès à des services publics dont la qualité est d’autant plus faible dans les territoires déjà défavorisés. Enfin, certains services publics à force de réduction des effectifs et de limitation de l'investissement dans les hommes comme dans les matériels voient leur service et leur relation à la population se dégrader.

Cette dynamique à de grave conséquences : elle dé-légitimise l'action de la police de la gendarmerie des pompiers, des soignants aux yeux des citoyens, elle nourrit la défiance des fonctionnaires vis à vis de l'état qu'ils représentent, des politiques qu'ils mettent en œuvre et de leurs concitoyens dont ils partagent la précarité.

Cette logique générale empêche un débat serein sur les besoins de la société et la manière d’y répondre. Les métiers les plus essentiels (enseignants, infirmiers, aides-soignantes, etc) sont à titre d’exemples parmi les moins bien rémunérés alors qu’en dépend une large part de notre vie en société.

Et pourtant, sur de nombreux territoires se développent des initiatives et des démarches qui portent la nécessaire transition écologique de nos modes de vie. Dans les grandes et petites villes de France, on ne compte plus les actions innovantes qui fleurissent pour réussir à s’adapter à la crise écologique et en protéger les plus faibles. Elles portent en elles le souffle de la réinvention politique, la force de l’intelligence collective, de l’innovation sociale et les graines du changement politique auquel nous aspirons.

Cette réappropriation des biens communs par les citoyen.nes, autant que le souhait de se ré-emparer de la démocratie (à travers la redécouverte du municipalisme par exemple), participe de la reconquête politique et culturelle du camp de l’écologie sociale. Il nous appartient d’en retrouver le sens, de les amplifier, et d’en faire un véritable modèle de société pour lutter concrètement contre toutes les inégalités.

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